Charlemagne (768-814)

Charles Ier, dit « Charlemagne », surnom venant du latin « Carolus Magnus » (Charles le Grand), né en 748 et mort le 28 janvier 814 à Aix-la-Chapelle, est le fils de Pépin le Bref, roi des Francs, et de Bertrade de Laon (surnommée plus tard « Berthe au Grand Pied »). À la mort de son père en 768, il devient à son tour roi des Francs avec son frère Carloman qui meurt prématurément en 771 à l'âge de 20 ans. Ce n'est qu'en 800 qu'il est sacré empereur par le pape Léon III.
Charlemagne règne sur une grande partie de l'Europe occidentale et agrandit ce territoire par plusieurs conquêtes successives (en Lombardie, en Saxe, au nord de l'Espagne...).
En 793 ou 794, il mène une réforme monétaire destinée à faciliter les échanges dans son vaste royaume. Celle-ci consiste à utiliser comme monnaie de compte une livre d'argent pesant 409 grammes, divisée en 20 sous, chaque sou étant lui-même divisé en 12 deniers. Antérieurement à cette réforme était le plus souvent employée la livre romaine pesant 327 grammes.

Deniers au nom de Saint-Etienne, antérieurs à la réforme monétaire

Philippe Schiesser (Les monnayages au nom de Saint-Étienne sous Pépin le Bref et Charlemagne, Bulletin de la Société Française de Numismatique, juin 2012) attribue les deux monnaies qui suivent à Saint-Etienne de Bourges.

Nous avons un premier type, connu par un unique exemplaire issu du trésor de Dijon découvert en 1987, dont la légende du revers peut être développée en S[AN]C[T]I S[T]EPHF[ANI].

Poids mini-moyen-maxi et diamètres mini-maxi observés (type 1) : 1,29 g (1 ex.) ; Ø 16,5 mm (1 ex.).
Références : Depeyrot 213.
Bompaire 1989, BSFN 44/05, p. 577-581 : argent 50% (1 ex.).
Schiesser 2012, BSFN 67/06, p. 157-165.
Trésors : Dijon (770-780, 1 ex.).

Denier de Charlemagne pour Saint-Etienne de Bourges

Denier / 1,29 g / 16,5 mm
Réf. : Dp.213
Source : trésor de Dijon (BSFN, 05/1989, p.577-581)

A/ CARo  LVS
En deux lignes, A et R liés.
R/ SCI et SEPHF en deux lignes séparées par un trait, un tilde au-dessus, P, H et F liés.

 

*

Et un second type dont la légende du revers peut être développée en S[AN]C[TV]S ST[E]F[ANVS].

Poids mini-moyen-maxi et diamètres mini-maxi observés (type 2) : 1,12 g (1 ex.) ; Ø 18,0 mm (1 ex.).
Références : Depeyrot 213B.
Schiesser 2012, BSFN 67/06, p. 157-165.

Denier de Charlemagne pour Saint-Etienne de Bourges

Denier / 1,12g / 18,0 mm
Réf. : Dp.213B
Source : vente Künker du 11/03/2013, lot 2087

A/ CARo  LVS
En deux lignes, A et R liés.
R/ SCS sous un tilde et S•T•F sous un tilde, en deux lignes séparées par un trait.

 

Denier au nom de l'abbaye Saint-Sulpice, antérieur à la réforme monétaire

L'unique exemplaire connu de ce denier, issu de la collection Bernard Chwartz, a été vendu en 2009 par Pierre Crinon (www.ogn-numismatique.com) et est maintenant conservé au Cabinet de Médailles. Sa légende du revers peut être développée en S[AN]C[T]I SULPI[CE].

Poids mini-moyen-maxi et diamètres mini-maxi observés : 1,14 g (1 ex.) ; Ø 17,0 mm (1 ex.).
Références : Depeyrot 214C.

Denier de Charlemagne pour Saint-Sulpice de Bourges

Denier / 1,14g / 17,0 mm
Réf. : Dp.214C
Source : BnF (gallica.bnf.fr)

A/ CARo  LVS
En deux lignes, A et R liés.
R/ S (trois globules en triangle) CI sous trois autres globules en triangle, et SLPI (L et P liés pour former un U), en deux lignes séparées par un trait avec deux globules à gauche.

 

Denier au nom de Louis le Pieux, antérieur à la réforme monétaire

Louis le Pieux, fils de Charlemagne, est couronné roi d'Aquitaine par le Pape Adrien Ier à l'occasion de la célébration de Pâques à Rome, le 15 avril 781, alors qu'il n'a que trois ans. Peu après, le jeune Louis fut envoyé en Aquitaine pour être présenté dans son royaume. Cette émission exceptionnelle frappée avec le nom de Louis en deux lignes au droit, à partir de 781 et sous le règne de son père, n'est connue que pour quatre ateliers seulement : Bourges, Saint-Etienne de Bourges, Clermont et Limoges.

Gianfranco de Benedittis et Jean Lafaurie (Trésor de monnaies carolingiennes du VIIIe siècle trouvé à Larino (Italie, Molise), Revue numismatique 1998), font la démonstration de l'authenticité longtemps mise en doute de cette monnaie jusqu'alors connue par un seul exemplaire entré en 1952 au Cabinet de France.

Nous avons dénombrés quinze deniers connus à ce type : un est détenu au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale de France (CAR-1173), onze autres sont connus par le trésor de Larino décrit dans l'article mentionné ci-dessus (planches XVIII et XIX de la RN 1998), trois autres sont passés en vente chez Künker (vente 227 du 11/03/2013, lot 2094), chez Alde (vente du 07/06/2017, lot 318) et chez CGB (vente du 07/09/2021, lot bca_684129).

Les légendes d'avers et de revers peuvent être lues ainsi : HLVD[O]VIH et BETOREX C[IVITAS].

Poids mini-moyen-maxi et diamètres mini-maxi observés : 1,17-1,25-1,37 g ; Ø 19,0-21,0 mm (14 ex. étudiés).
Références : Depeyrot 173.
Lafaurie, RN 1998, p. 217-243, pl. XVIII-XX.
Trésors : Larino (c. 793, 11 ex.).

Denier au nom de Louis le Pieux pour Bourges

Denier / 1,24 g / 19,5 mm
Réf. : Dp.173
Source : vente CGB du 07/09/2021, bca_684129

A/ hLV  DVIh
En deux lignes, un besant placé à gauche, à droite, au-dessus et au-dessous.
R/ BET  oRXc (RX en monogramme)
En deux lignes, séparées par un trait horizontal terminé d'un besant à gauche et à droite.

 

Denier au nom de Louis le Pieux pour Saint-Etienne de Bourges, antérieur à la réforme monétaire

Toujours dans la Revue Numismatique 1998, page 236, est confirmé l'attribution du denier qui suit à Saint-Etienne de Bourges. Huit deniers à ce type nous sont connus : le premier issu du trésor de Krinkberg, cinq autres provenant du trésor de Larino (planche XIX de la RN 1998), un passé en vente en 2010 chez CGB, et un dernier passé en vente le 14/11/2019 chez MDC Monaco (lot n°228).

Les coins de droit sont les mêmes que ceux utilisés pour les deniers précédents au nom de la cité de Bourges (une correspondance de coins de droit a été relevé pour deux deniers aux revers différents lors de l'étude du trésor de Loreno), si on utilise deux fois le S et le I, peut être développée en S[ANCT]I STEFANI.

Poids mini-moyen-maxi et diamètres mini-maxi observés : 1,19-1,26-1,35 g ; Ø 16,0-19,5 mm (7 ex. étudiés).
Références : Depeyrot 214.
Lafaurie, RN 1998, p. 217-243, pl. XVIII-XX.
Schiesser 2012, BSFN 67/06, p. 157-165.
Trésors : Larino (c. 793, 5 ex.).

Denier au nom de Louis le Pieux pour Saint-Etienne de Bourges

Denier / 1,29 g / 18,5 mm
Réf. : Dp.214
Source : vente MDC Monaco n°5 du 14/11/2019, lot 228

A/ hLV  DVIh
En deux lignes, un besant placé à gauche, à droite, au-dessus et au-dessous.
R/ Monogramme composé d'un grand A auquel sont accrochés un T, un E, un F et un N, et accosté d'un S à gauche et d'un I à droite.

 

Denier au nom de Louis le Pieux pour l'abbaye Saint-Sulpice de Bourges, antérieur à la réforme monétaire

L'unique exemplaire connu de ce denier provient du trésor de Breuvery-sur-Coole (Marne), découvert dans une tombe en 1912 et publié par Michel Dhénin (Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1989). Le coin de droit utilisé pour les deniers au nom de l'abbaye Saint-Sulpice de Bourges semble être identique à ceux utilisés pour les deniers précédents au nom de la cité de Bourges et de Saint-Etienne de Bourges, ce qui nous amène à en conclure que les mêmes coins de droit ont été utilisés avec trois types différents de coins de revers pour frapper ces trois émissions sur un temps relativement court dans un même atelier commun.

La légende de revers peut être développée en S[AN]C[T]I SULPI[CE].

Poids mini-moyen-maxi et diamètres mini-maxi observés : 1,25 g (1 ex.) ; Ø indéterminé.
Références : Depeyrot 215.
Dhénin 1989, p. 811-823.
Trésors : Breuvrey-sur-Coole (781-794, 1 ex.). 

Denier au nom de Louis le Pieux pour l'abbaye Saint-Sulpice de Bourges

Denier / 1,25 g
Réf. : Dp.215
Source : BnF (gallica.bnf.fr)

A/ hLV  DVIh
En deux lignes, un besant placé à gauche, à droite, au-dessus et au-dessous.
R/ SCI et SVLPI (L et V liés), en deux lignes séparées par un trait.

 

Deniers postérieurs à la réforme monétaire (après 793)

Les deniers de Charlemagne postérieurs à sa réforme monétaire présentent à Bourges deux variétés distinctes, sans qu'il nous soit possible de savoir laquelle a précédé l'autre. La première variété a la croix non cantonnée (connue avec légende rétrograde autour de la croix), la seconde a la croix cantonnée de quatre croissants, et les deux semblent avoir été autant frappées.

Poids mini-moyen-maxi et diamètres mini-maxi observés (croix non cantonnée) : 1,42-1,64-1,76 g ; Ø 19,4-22,0 mm (19 ex. étudiés).
Références : Gariel (xxii, 38), Prou 728, 732, Morrison-Grunthal 173, 175, Depeyrot 174.
Sarah 2010, p. 251-254, 282-283, pl. 18 : argent 95% (2 ex.).
Trésors : Château-Roussillon (c. 840, 1 ex.).

Denier de Charlemagne pour Bourges

Denier / 1,74 g / 21,0 mm
Réf. : G.XXII/38, P.728/732, N.85, Dp.174
Source : vente CNG n°108 du 16/05/2018, lot 798

A/ + CARLVS REX FR
Croix.
R/ + BITVRICAS (S couchée)
Monogramme carolingien.

Denier de Charlemagne pour Bourges

Denier / 1,57 g / 20,5 mm
Réf. : G.XXII/38, P.728/732, N.85, Dp.174
Source : vente CNG n°120 du 11/05/2022, lot 1021

A/ + CARLVS REX FR
Croix.
R/ + BITVRICAS (S couchée)
Monogramme carolingien.

Denier de Charlemagne à légende rétrograde

Denier  / 1,42 g / 21,0 mm
Réf. : G.XXII/42 et MG.175 (cette monnaie)
Source : musée de Berlin

A/ + CARLVS + RE (rétrograde)
Croix.
R/ + BITVRICAS (légende commençant à 3h)
Monogramme carolingien.

Denier de Charlemagne

Illustration de l'ouvrage d'Ernest Gariel (Les monnaies royales de France sous la race carolingienne, deuxième partie) reproduisant le denier qui précède, issu de sa collection.

Poids mini-moyen-maxi et diamètres mini-maxi observés (croix cantonnée) : 1,51-1,66-1,80 g ; Ø 19,5-22,0 mm (17 ex. étudiés).
Références : Gariel (xxii, 43), Prou 729-731, Morrison-Grunthal 174, Depeyrot 175.
Sarah 2010, p. 251-254, 282-283, pl. 18 : argent 94-95% (3 ex.).
Trouvailles : Dorestad (1 ex.).

Denier de Charlemagne pour Bourges

Denier / 1,65 g / 21,0 mm
Réf. : G.XXII/43, P.729-731, N.85A, Dp.175
Source : vente Monnaies d'Antan n°28 du 28/11/2020, lot 540

A/ + CARLVS REX FR
Croix cantonnée de quatre globes.
R/ + BITVRICAS (S couchée)
Monogramme carolingien.

Denier de Charlemagne pour Bourges

Denier / 1,67 g / 22,0 mm
Réf. : G.XXII/43 (cette monnaie), P.729-731, N.85A, Dp.175
Source : musée de Berlin

A/ + CARLVS REX FR
Croix cantonnée de quatre globes.
R/ + BITVRICAS (S couchée)
Monogramme carolingien.

Les deniers conservés au Cabinet des Médailles et décrits par Maurice Prou sont visibles via les liens suivants : Prou n°728, Prou n°729, Prou n°730, Prou n°731, Prou n°732 (mal référencé sur Gallica).

Obole postérieure à la réforme monétaire (après 793)

Nous n'avons retrouvé que quatre monnaies à ce type avec celle de la vente CNG présentée ici (déjà passée en vente chez Künker en mars 2011, vente 183, lot 1623), l'obole provenant de la trouvaille de Dorestad (Louis de CosterRevue de la Numismatique Belge 1852, p. 380 et pl. XIII, 11, également répertoriée par Hans Hermann Völckers, H. H. : Karolingische Münzfunde der Frühzeit 751-800, Göttingen 1965, p. 148, n° III, 184), celle fragmentaire passée dans la vente CGB du 28/04/2020, et qui aurait été trouvée à Thérouanne (Pas-de-Calais), et enfin celle mise en vente en mai 2024 (vente Phidias et Vinchon, lot 229).

Poids mini-moyen-maxi et diamètres mini-maxi observés : 0,70-0,76-0,80 g (3 ex.) ; Ø 17,5 mm (1 ex.).
Références : Depeyrot 175B.
Coster, RNB 1852, p. 380, pl. XIII, 11.
Trouvailles : Dorestad (1 ex.), Thérouanne (1 ex.).

Obole de Charlemagne pour Bourges

Obole / 0,70 g / 17,5 mm
Réf. : Dp.175B
Source : vente CNG n°120 du 11/05/2022, lot 1022

A/ Monogramme carolingien.
R/ BITVRICAS
Croix.

Obole de Charlemagne

Obole / 0,80 g
Réf. : Dp.175B

A/ Monogramme carolingien.
R/ + BITVRICAS
Croix.

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