Lothaire (954-986)

Lothaire, né à la fin de 941 à Laon et mort le 2 mars 986 dans cette même ville, est le fils de Louis IV d'Outremer et de Gerberge de Saxe. Il succède à son père et est sacré le 12 novembre 954 en l'abbaye Saint-Rémi de Reims, par l'archevêque Artaud.
Lothaire a treize ans lorsqu'il succède à son père. Il règne d'abord sous la tutelle du duc des Francs Hugues le Grand et de son oncle Brunon, archevêque de Cologne et duc de Lorraine. Brunon de Cologne et les proches de Lothaire orientent la politique royale dans le sens d'une entente avec le royaume de Francie orientale. Mais devenu adulte, Lothaire essaie de se dégager de l'influence germanique et asseoir son autorité envers ses vassaux. Cette volonté et les circonstances vont conduire à une dégradation des relations puis à une lutte avec le royaume de Francie orientale.
Selon la volonté de leur père Louis IV, qui avait associé Lothaire au trône en 952, son frère Charles a été écarté de la succession. Charles s'allie avec leur cousin, l'empereur Otton II, qui lui offre la Basse-Lotharingie. Lothaire lance alors en 978, assisté d'Henri de Bourgogne et de son cousin germain Hugues Capet, une expédition contre Otton II. Il s'empare d'Aix-la-Chapelle, mais ne peut se saisir ni d'Otton, ni de Charles. En représailles, Otton II, accompagné de Charles, envahit la France en octobre 978, ravage les régions de Reims, Soissons et Laon, et mettent le siège devant Paris. Mais, face à la résistance de l'armée royale menée par le duc des Francs Hugues Capet, fils d'Hugues le Grand, Otton II et Charles lèvent le siège le 30 novembre 978 et retournent à Aix-la-Chapelle.
En 979, Lothaire veut déjouer les ambitions affichées de son frère Charles, alors il associe son fils à la royauté et le fait sacrer. Cette pratique nouvelle dans le royaume des Francs de l'Ouest sera reprise par les Capétiens.

Denier et obole à la légende bilinéaire (c. 954-970)

Le denier et l'obole à la légende bilinéaire ont été frappés au début du règne de Lothaire, avant le type au monogramme, et reprennent le type de Louis IV, lui-même inspiré des deniers de Louis le Pieux.

Poids mini-moyen-maxi et diamètres mini-maxi observés (deniers) : 1,09-1,27-1,48 g ; Ø 21,5-22,0 mm (5 ex. étudiés).
Références : Gariel (lvi, 5), Prou 753, Morrison-Grunthal 1678, Depeyrot 208.
Mater 1889-1890, p. 227-292, pl. I-III.
Dumas 1971, p. 237-240, pl. XXIII.
Trésors : Fécamp (975-980, 2 ex.).

Poids mini-moyen-maxi et diamètres mini-maxi observés (oboles) : 0,40-0,64 g (2 ex.) ; Ø 17,0 mm (1 ex.).
Références : Gariel (lvii, 11), Prou 754, Poey d'Avant 1907 (xl, 9), Morrison-Grunthal 1679, Depeyrot 211.
Mater 1889-1890, p. 227-292, pl. I-III.
Sarah 2016, BSFN 71/2, p. 41-49 : argent 34-86% (2 ex.).
Trouvailles : Urçais (1 ex.).

Denier de Lothaire à légende bilinéaire

Denier / 1,48 g / 21,5 mm
Réf. : G.LVI/5, P.753, MG.1678, Dp.208
Source : BnF (gallica.bnf.fr), trésor de Fécamp

A/ + LOTERIVS REX
Croix.
R/ + BITV• / • • • • • / RICES
En deux lignes séparées par cinq besants.

Obole de Lothaire à légende bilinéaire

Obole / 0,64 g / 17,0 mm
Réf. : G.LVII/11, P.754, MG.1679, Dp.211
Source : vente iNumis n°46 du 04/06/2019, lot 236

A/ + LOTERIVS REX
Croix.
R/ + BITV / • • • • • / RICE
En deux lignes séparées par cinq besants.

Denier et obole au monogramme carolin (c. 970-990)

Le denier et l'obole au monogramme carolin ont été frappés consécutivement aux monnaies précédentes.

Poids mini-moyen-maxi et diamètres mini-maxi observés (deniers) : 1,16-1,35-1,49 g ; Ø 21,0-23,0 mm (42 ex. étudiés).
Références : Gariel (lvi, 6), Poey d'Avant 1912 (xl, 12), Morrison-Grunthal 1666, 1670, Depeyrot 207.
Mater 1889-1890, p. 227-292, pl. I-III.
Mater 1904, p. 290-294, pl. I.
Dumas 1971, p. 237-240, pl. XXIII.
Trésors : Bruère-Allichamps (fin Xe s., 98 ex.), Fécamp (975-980, 17 ex.).

Poids mini-moyen-maxi et diamètres mini-maxi observés (oboles) : 0,51-0,61-0,66 g ; Ø 16,0-18,0 mm (10 ex. étudiés).
Références : Gariel (lvii, 8), Poey d'Avant 1913, Morrison-Grunthal 1667, 1669, Depeyrot 210.
Mater 1889-1890, p. 227-292, pl. I-III.
Mater 1904, p. 290-294, pl. I.
Lafaurie, RN 1952, p. 159-169, pl. III-VI.
Dumas 1971, p. 237-240, pl. XXIII.
Trésors : Bruère-Allichamps (fin Xe s., 79 ex.), Fécamp (975-980, 2 ex.).

Denier de Lothaire au monogramme carolin

Denier / 1,32 g / 21,7 mm
Réf. : Gariel 56/6
Coll. Christophe Bauger

A/ + LOTERIVS REX
Croix.
R/ + BITVIICES CIVT
Monogramme carolin.

Denier de Lothaire au monogramme carolin

Denier / 1,31 g / 22,5 mm
Réf. : Gariel 57/6 var
Coll. Christophe Bauger

A/ + LOTERIVS REX
Croix.
R/ + BITVRICES CIVIT
Monogramme carolin.

Denier au nom de Lothaire

Denier / 1,06 g / 22,0 mm
Réf. : variété non référencée
Source : vente Monnaies d'Antan n°31 du 28/05/2022, lot 636

A/ + LOTEIRIS REX
Croix.
R/ + BITVRICE[S] CIVT
Monogramme carolin.

Obole de Lothaire au monogramme carolin

Obole / 0,53 g / 17,0 mm
Réf. : Gariel 57/8
Source : vente Monnaies d'Antan n°4 du 28/11/2008, lot 512

A/ + LOTERIVS REX
Croix.
R/ + BITVRICES CIVIT
Monogramme carolin.

Le trésor de Fécamp, enfoui aux alentours de l'an 980 et découvert en juillet 1963, contenait 20 deniers et 2 oboles issus de l'atelier monétaire de Bourges parmi les 8584 monnaies qui ont pu être récupérées. L'ensemble de cette trouvaille a été étudié et publié par Françoise Dumas (Le trésor de Fécamp et le monnayage en Francie occidentale pendant la seconde moitié du Xème siècle, Paris 1971).

Les monnaies de Bourges, toutes conservées au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale, sont au nom de Lothaire. Deux deniers présentent au revers une légende bilinéaire, alors que tous les autres deniers et oboles présentent au revers un monogramme carolin. L'étude du trésor permet d'établir avec certitude l'antériorité du type à la légende bilinéaire, qui est très probablement contemporain au règne de Lothaire, par rapport à celui au monogramme qui, s'il a été initié du vivant de Lothaire, a sans nul doute été immobilisé sur une longue période (un demi-siècle environ) après sa mort. Certaines monnaies frappées à ce type pourraient être considérées comme les première monnaies féodales de Bourges.

Les monnaies de Bourges dans le trésor de Fécamp

Denier de Lothaire à légende bilinéaire

Deniers / 02 exemplaires : 1,48g et 1,40g / mod. 21,5 mm
Source BnF : Fécamp 83598360.

Avers
Croix pattée dans un grénetis.

Revers
En deux lignes séparées par cinq points dans le champ.

Denier de Lothaire au monogramme carolin

Deniers / 12exemplaires : 1,49g, 1,48g, 1,475g, 1,45g, 1,445g, 1,44g, 1,43g, 1,405g, 1,40g, 1,39g, 1,355g et 1,33g / mod. 22,0 mm
Source BnF : Fécamp 83618363, 8364, 8365, 8366, 8367, 8368, 8369, 8370, 8371, 8372.

Avers
Croix pattée dans un grénetis.

Revers
Monogramme carolin dans un grénetis.

La graphie du revers est très particulière. Les lettres ne sont pas pattées, sauf le V. Leurs angles sont arrondis. L'une des pièces est liée par le coin de revers aux troix pièces suivantes.

Denier de Lothaire au monogramme carolin

Deniers / 03 pièces de même coin : 1,435g, 1,42g, 1,31g / mod. 21,5 mm
Source BnF : Fécamp 83738374, 8375.

Avers
Croix pattée dans un grénetis.

Revers
Monogramme carolin dans un grénetis.

Denier de Lothaire au monogramme carolin

Denier / pièce de mauvais argent, 01 exemplaire : 1,05g
Source BnF : Fécamp 8376.

Avers
Croix pattée dans un grénetis.

Revers
Monogramme carolin dans un grénetis.

Denier de Lothaire au monogramme carolin

Denier / 01 exemplaire : 1,48g
Source BnF : Fécamp 8377.

Avers
Croix pattée dans un grénetis.

Revers
Monogramme carolin avec S inversé.

Denier de Lothaire au monogramme carolin

Denier / 01 exemplaire : 1,48g
Source BnF : Fécamp 8378.

Avers
Croix pattée dans un grénetis.

Revers
Monogramme carolin avec S inversé.

Obole de Lothaire au monogramme carolin

Oboles / 02 exemplaires : 0,65g et 0,58g / mod. 18,0 et 17,0 mm
Source BnF : Fécamp 8379, 8380.

Avers
Croix pattée dans un grénetis.

Revers
Monogramme carolin dans un grénetis.

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